Les individus aussi bien que les professionnels de la santé mentale sont préoccupés par l’évolution des pathologies psychiques qui devient de plus en plus un problème de santé publique. Ces derniers se posent légitimement des questions sur la prise en charge, les structures hospitalières et la responsabilité de tout un chacun. L’origine de cet article tient son importance de ce questionnement, en essayant d’y répondre, en particulier à la responsabilité des différentes composantes de la santé mentale, et au-delà, d’aider le patient à avoir une vision claire et pouvoir prendre la décision adéquate et en assumer les responsabilités.
La pathologie psychique est d’une importance capitale, surtout si on considère que le 1/8 de la population mondiale présente une des pathologies psychiques, et qu’elle est actuellement la troisième cause d’invalidité et que d’ici 2030, elle sera la première (Dépression), et ce, selon l’OMS.
Il est important de noter que le patient devant une pathologie psychique, devrait prendre une décision, vers qui vais-je aller, psychologue clinicien ou psychiatre ? Ambiguïté, confusion, non connaissance, mal informé, tel est la situation où se trouve le patient. Alors comment pourrait-on remédier à cette situation. Deux figures professionnelles sont souvent considérées comme synonymes, dans la pathologie psychique, même si elles ne le sont pas réellement : le psychologue clinicien et le psychiatre. Et même si parfois une coordination mutuelle entre les deux est nécessaire pour certaines pathologies, ceci n’est pas toujours obligatoire.
Le psychologue clinicien, élabore son diagnostic sur l’évaluation et la compréhension des processus mentaux (cognitif, émotion, comportement) dans un cadre environnemental précis, et propose une prise en charge thérapeutique adéquate. Alors que, le psychiatre se concentre pour son diagnostic, sur une approche purement neurobiologique et médicamenteuse. Donc, comme on peut le constater, les compétences et les notions acquises par les deux figures de la pathologie psychique sont différentes.
Devant cette différence notable entre les deux professionnels de la santé psychique, mais qui attire toujours la confusion, il est évident d’aller vers la pathologie pour encore mieux aider le patient à faire la part des choses et pouvoir prendre la bonne décision.
Dans la pathologie psychique, on peut parler de deux axes, un axe où l’approche neurobiologique et en particulier médicamenteuse s’impose (la psychose sous toutes ses formes), sachant que la prévalence des troubles psychotiques ne dépasse pas 5,6%, et où le psychologue clinicien joue un rôle important et même déterminant quant à la psychoéducation et l’insertion sociale. Le deuxième axe qui représente la part la plus importante de la pathologie psychique, et où la prévalence de la dépression à elle seule, est de 36%, le psychologue clinicien joue le rôle le plus important que ce soit sur le plan diagnostic comme sur le plan prise en charge psychothérapeutique. Et que le rôle du psychiatre, et par conséquent de la prescription médicamenteuse, dans la prise en charge de cette pathologie est essentiellement secondaire, par rapport à la prise en charge psychothérapeutique, et que tout traitement médicamenteux n’agit que sur la symptomatologie de la dépression.
Pour être dans le concret, voici quelques éclaircissements qui viennent renforcer ces dires, et qui peuvent nous permettre par conséquent d’établir une stratégie pour le bien du patient, de la société et de l’Etat.
Restons dans le chapitre de la dépression qui représente à lui seule plus d’un tiers de la pathologie psychique, les psychothérapies constituent le traitement le plus répandu, et les méta-analyses des études réalisées avec les psychothérapies seules, montrent en moyenne une efficacité de 53% à 67%, quand l’efficacité de l’effet combiné (psychothérapie plus traitement médicamenteux) montre un taux supérieur de 20% avec une amélioration significative des symptômes, et un taux de rechute qui ne dépasse pas les 29%, alors que ce dernier se situe aux alentours de 73% pour les patients ayant reçus les antidépresseurs uniquement.
Pour l’efficacité des antidépresseurs seuls, toutes les études ont été réalisées versus placébo, et ont montré une efficacité en moyenne de 20% supérieur sur l’amélioration des symptômes par rapport au placébo. Dans le même sens, des chercheurs américains ont mis en examen trente années de recherches scientifiques, ce qui a permis de conclure à un effet placébo des antidépresseurs dans 85% des cas. En effet, une vaste étude parue en Aout 2022 dans le British Médical Journal, révèle que seulement 15% des patients sous antidépresseurs répondent vraiment. Il est également important à notifier que des études ont signalé des effets néfastes chez les patients recevant antidépresseurs seuls, en particulier suicide et hospitalisation, quand rien n’a été enregistré chez les patients ayant reçu psychothérapie et antidépresseurs.
Donc, et après tous ces éclaircissements, il est évident de confirmer et notifier l’importance du rôle de psychologue clinicien, et ce en premier intention, dans la prise en charge des pathologies psychiques, que ce soit seul face à la majorité des pathologies, et qui sont les plus répandus dans une population en générale, à savoir anxiété, dépression, troubles de comportements, troubles de personnalités etc.., ou en collaboration avec le psychiatre pour les psychoses sous toutes ses formes.
Conclusion rationnelle et adéquate que ce soit pour le patient lui-même, pour la société et pour l’Etat en tant que responsable de la gestion et de la productivité de chaque citoyen.
En effet, les pathologies psychiques sont connues pour avoir des conséquences sociales et économiques. Sur le plan social, on note la perte d’emploi et ses conséquences, l’insécurité, la criminalité et les décès prématurés. Pour l’économique, on note le cout des services sanitaires, l’absentéisme et la baisse de productivité.
Conclusion qui nous mit face à une question qu’on ne peut ignorer et où tout un chacun devra assumer sa part de responsabilité, voulons nous être un pays à grande consommation des produits psychoactifs avec tous ce qui s’en suit comme conséquences ?
Libre à nous de faire le choix et d’assumer les conséquences.
